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UNE SEMAINE A L'OMBRE DE L'ESPRIT
 


Marie épouse de l’Esprit


Le Saint-Esprit ayant épousé Marie, et ayant produit en elle, et par elle, et d’elle Jésus-Christ, ce chef d’œuvre, le Verbe incarné, comme Il ne l’a jamais répudiée, Il continue à produire tous les jours en elle et par elle, d’une manière mystérieuse, mais véritable, les prédestinés.
St Louis-Marie Grignion de Montfort (Secret de Marie n° 13)
 
22ème  jour : Consécration de nos adhésions à l’Esprit
Annonciation, l’étreinte de l’Esprit

En ce jour, nous faisons connaissance avec l’Esprit, avec cette troisième personne de la Trinité.
En effet, l’Esprit est une personne avec sa personnalité, une personne que nous pouvons rencontrer. (…) Dans la Trinité, l’Esprit est celui qui se communique et communique l’Amour du Père et la Grâce du Fils. (…) St Seraphim de Sarov a dit que le but de la vie chrétienne était l’acquisition du Saint Esprit. (…) La vie chrétienne véritable est, selon l’expression des orthodoxes, une pentecôte continuée. (…) Le Cœur de Marie est le lieu de cette pentecôte continuée. (…) Non seulement Marie nous enseigne comment nous livrer au Saint-Esprit avec une confiance inébranlable dans le dessein bienveillant du Père sur nous, mais Elle nous apprend comment écouter les motions du Saint-Esprit dans notre cœur.
« Gloire à Celui qui, par la toute-puissance du Saint-Esprit agissant en nous, peut faire bien au-delà de tout ce que nous pouvons demander ou concevoir. » (Ep 3, 20)

23ème jour : Consécration des vertus théologales

Pèlerinage de Foi


Marie nous enseigne comment vivre comme si nous voyions l’invisible.

Elle n’a cessé de méditer tout au long de sa vie tout ce qui lui a été dit de la part du Seigneur et de vivre dans cette contemplation du Royaume, de dépasser sans cesse l’apparence des choses pour voir Dieu caché en tout. (…) Tout comme Abraham qui crut la parole de Dieu, le « fiat » de Marie est cet acte de Foi fondateur qui sera le commencement, le chemin et le but de son pèlerinage sur la terre. Elle ne le remettra jamais en question. (…) Sans un regard en arrière (…), Elle avance, espérant contre toute espérance, les yeux fixés sur le Royaume qui vient et l’accomplissement des prophéties. (…) L’Espérance est la petite sœur de la Foi, elle est là pour la fortifier, pour lui permettre de croître. (…) Mais à quoi serviraient la Foi et l’Espérance si, les englobant toues les deux, il n’y avait pas l’Amour qui surpasse tout, qui donne sens à toute chose et qui transmet la Présence de Dieu ? Il suffit de contempler Marie dans l’Evangile pour que ces réalités deviennent très concrètes et nous illuminent sur la manière de vivre notre propre vie.
« Bienheureuse celle qui a cru en l’accomplissement de ce qui lui a été dit de la part du Seigneur ! » (Lc 1, 45)


24ème jour : Consécration des charismes et des dons de l’Esprit
Marie, le sein où renaître de l’Esprit

Nous avons déjà parlé longuement de l’union de la Vierge avec le Saint-Esprit.
Elle est comblée de grâces : « grâce » se dit « karis » en grec, ce qui a donné « karisma », les « charismes » dont la signification est : don gratuit, libéralité, joie, faveur que l’on reçoit sans l’avoir méritée et aussi œuvre de bienfaisance. (…) Cependant, le but de la vie chrétienne n’est pas l’acquisition des charismes, mais comme le dit St Seraphim de Sarov, c’est l’acquisition du Saint-Esprit. (…) Les dons ne sont pas obligatoirement liés à la sainteté personnelle de celui qui les a reçus ou qui les pratique. Ils ont été donnés en vue du bien commun. (…) Pour conclure son exposé sur les dons, St Paul déclare : « Aspirez aux dons supérieurs. Et je vais vous montrer une voie qui les dépasse toutes. » (1Co 12, 31) Vient alors l’admirable hymne à l’Amour. La description qu’il fait de la charité nous paraît impossible à mettre en pratique. En effet, il ne s’agit pas là d’un amour humainement possible, (…) la charité est cet amour dont Dieu s’aime au sein de la Trinité et dont les Personnes divines aiment les hommes. Devant notre impuissance à aimer de cette manière-là, nous ne pouvons que faire confiance, nous jeter en Marie, demeurer en Elle  pour qu’Elle nous conforme à son Fils Jésus. (…) Remettons-lui tout, afin de ne rien garder pour nous-mêmes et de ne pas détourner à notre profit ni utiliser comme un pouvoir ces dons qui nous viennent de Dieu.
« A chacun la manifestation de l’Esprit est donnée en vue du bien commun. A l’un c’est un discours de sagesse qui est donné par l’Esprit ; à tel autre un discours de science, selon le même Esprit ; à un autre la Foi, dans le même Esprit ; à tel autre le don de guérison, dans l’unique Esprit ; à tel autre la puissance d’opérer des miracles ; à tel autre la prophétie ; à tel autre le discernement des esprits ; à un autre la diversité des langues ; à tel autre le don de les interpréter. » (1Co 12, 7-10)


25ème jour : Consécration à la Consolatrice des affligés
La Consolatrice épouse du Consolateur

Dans la tradition biblique, « Consolateur » est un nom propre : « Menahem ». C’est en fait un des noms du Messie. (…) Jésus est le premier Consolateur. L’autre Consolateur, c’est l’Esprit Saint (…) qui va venir achever cette tâche de consolation dans le monde entier à partir de la Pentecôte. (…)
On traduit le mot grec « paraclet » par « consolateur », mais également par « avocat », car « parakaleo » signifie prier, intercéder, plaider la cause, défendre. C’est le génie de l’Amour divin de faire que l’Esprit qui nous confond en matière de péché est en même temps notre Défenseur, notre Avocat et notre Consolateur. On a trop insisté sur le rôle de Dieu comme juge. Dans le tribunal céleste, l’accusateur c’est le diable. (…) Dieu est un juge obsédé par l’acquittement des prévenus ; Il est à la fois le juge et l’avocat. La Vierge, en tant qu’Epouse de l’Esprit, va épouser également ce rôle de consolatrice et d’avocate. (…) Le Cœur de Marie ne fait qu’un avec le Cœur de Jésus, avec le Cœur du Père, et, en même temps qu’Elle nous prodigue sa tendresse toute maternelle, Elle nous communique tout l’Amour du Père pour nous, sa compassion, sa Présence aimante au milieu de nos détresses, de nos souffrances.
« Béni soit le Dieu et Père de Notre Seigneur Jésus-Christ, le Père des miséricordes et le Dieu de toute consolation qui nous console dans toute notre tribulation afin que, par la consolation que nous-mêmes recevons de Dieu, nous puissions consoler les autres en quelque tribulation que ce soit. De même en effet que les souffrances du Christ abondent pour nous, ainsi par le Christ abonde aussi notre consolation. » (2Co 1, 3-5)


26ème jour : Consécration à la médiation de Marie
Médiation universelle

Si la Vierge est médiatrice, c’est par participation à l’unique médiation du Christ et non parce qu’Elle aurait en Elle-même la capacité de sauver qui que ce soit.
Elle l’est par pure grâce et par bon vouloir divin. Elle ne peut donc rien vouloir en-dehors de la volonté divine. St Bernard a une très belle métaphore : il dit que dans le Corps du Christ, Marie est le cou. Le cou est humble et discret, mais c’est au travers de lui que passent tous les influx nerveux, tous les ordres du cerveau, c’est par lui aussi que passe l’air et la nourriture pour nourrir et faire vivre tout le reste du corps. Il est l’indispensable organe de transition et de transmission. Ainsi, cette image nous fait comprendre que la Vierge n’est pas étrangère à la condition humaine, mais que la place qui lui revient, tout en consacrant son humilité, en fait une médiatrice et une dispensatrice universelle au service de tous les humains. (…) En nous consacrant à la médiation de Marie, nous entrons dans une voie d’enfance qui est faite d’abandon et de confiance. Nous renonçons à l’orgueil spirituel qui commence à vouloir s’en sortir seul (…) : c’est bien là le péché d’Adam.
« Sa mère dit aux servants : « tout ce qu’Il vous dira, faites-le. » (Jn 2, 5)


27ème jour : Consécration de tout ce qui, en nous, n’est pas encore consacré
Voici ta Mère : Prends Marie, Elle te prendra

Arrêtons-nous un moment au pied de la Croix. (…)
Au moment ultime de son Agonie sur la Croix, Jésus demande à Marie de se détourner de la douleur de perdre son Fils pour accueillir Jean comme son propre fils. En accueillant Jean, c’est chacun de nous que Marie accueille comme son enfant unique, nous donnant la possibilité d’entrer dans la plénitude de notre héritage de fils et filles bien-aimés du Père. (…) Jésus, comme ultime parole, nous confie à sa Mère pour que nous « soyons engendrés de nouveau », non plus de la chair et du sang, mais de l’Esprit, et que nous « ayons part à l’héritage des saints ». Le Cœur de Marie nous est donc tout ouvert. Elle est tournée vers nous et nous attend à chaque instant. (…) Jésus nous donne ce qu’Il a de plus précieux et nous montre le chemin pour venir au Père. L’invitation est faite, mais l’initiative d’y répondre nous appartient. C’est à nous qu’il revient (…) de choisir Marie.
« Jésus donc, voyant sa Mère et, se tenant près d’Elle, le disciple qu’Il aimait, dit à sa Mère : « Femme, voici ton fils. » Puis Il dit au disciple : « Voici ta Mère. » Dès cette heure-là, le disciple l’accueillit chez lui. » (Jn 19, 26-27)


28ème jour : Consécration dans la milice de l’Immaculée
Pentecôte d’Amour

La vocation de la Communion Marie Reine de la Paix ne consiste en rien d’autre que de lever une « milice » pour l’Immaculée. (…)
On peut se demander pourquoi la Vierge aurait besoin d’une milice. (…) Si nous croyons que Marie est la Reine des Anges, nous admettons qu’Elle règne sur des légions de combattants de la Lumière ; nous pouvons l’appeler « la Vierge des armées célestes ». La Vierge combattant du côté de l’humanité a besoin de consacrés, d’hommes et de femmes qui se sont livrés totalement à la Miséricorde divine. C’est, bien sûr, une armée non-violente, puisque le fait de demeurer en Marie nous fait entrer dans la béatitude des doux à qui est promise la terre nouvelle. (…) Le Royaume souffre violence : on s’en empare par des armes nouvelles et spirituelles. Cette milice n’est en rien une organisation (…), mais plutôt un état d’esprit, une disposition intérieure. Il nous faut aussi réaffirmer que ce combat nous dépasse. (…) Voilà pourquoi cette voie est aussi une voie d’enfance, enfance pleinement confiante et abandonnée à une Mère qui fera tout pour le salut de ses enfants. Elle a besoin de nous, répondons à son appel, transmettons son appel avec zèle auprès du plus grand nombre possible.
« Au reste, fortifiez-vous dans le Seigneur, et par sa force toute-puissante. Revêtez-vous de toutes les armes de Dieu, afin de pouvoir tenir ferme contre les ruses du diable. Car nous n’avons pas à lutter contre la chair et le sang, mais contre les dominations, contre les autorités, contre les princes de ce monde de ténèbres, contre les esprits méchants dans les lieux célestes. C’est pourquoi, prenez toutes les armes de Dieu afin de pouvoir résister dans le mauvais jour, et tenir ferme après avoir tout surmonté. » (Ep 6, 10-13)



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